Il y a des annonces qu’on imagine simples.
Et puis il y a celles qui déclenchent une avalanche de réactions inattendues.
Annoncer notre tour du monde en famille, on pensait que ce serait surtout une histoire de destinations, de dates, de logistique.
En réalité, ce fut surtout une plongée dans les peurs, les rêves et les projections des autres.
« Vous avez trop de chance »
C’est probablement la phrase que nous avons le plus entendue.
Souvent dite avec le sourire, parfois avec un soupçon de nostalgie.
Comme si ce projet réveillait un rêve mis de côté, un “un jour, peut-être” jamais concrétisé.
Derrière cette phrase, on sentait :
- de l’admiration
- de l’envie
- parfois même un petit regret
Et nous, on souriait.
Parce que oui, on se sent chanceux.
Mais cette “chance” est aussi faite de choix, de renoncements et de beaucoup de questions.
« Moi, je ne pourrais jamais »
Une phrase souvent prononcée très vite.
Comme pour se rassurer soi-même.
Pas par manque d’envie, mais par peur :
- peur de l’inconnu
- peur de quitter un cadre rassurant
- peur de faire “différemment”
On ne cherche jamais à convaincre.
Ce projet n’est pas un modèle universel.
C’est notre chemin, pas une leçon de vie.
La question qui revient toujours : « Et les enfants ? »
Celle-là, on l’attendait.
Et on la comprend.
Parce que voyager avec des enfants, surtout sur une longue durée, fait immédiatement surgir des inquiétudes :
- leur rythme
- leur scolarité
- leur sécurité
- leur équilibre
Pour rire, on leur propose de garder les enfants pendant un an. Sans succès !
Alors on explique.
Encore et encore.
Que les enfants sont au cœur du projet.
Que ce voyage est pensé avec eux, pas malgré eux.
Que l’adaptation, la lenteur et l’écoute feront partie du quotidien.
Et surtout :
qu’il n’existe pas une seule bonne manière de faire grandir des enfants.
Les enthousiastes (et ça fait du bien)
Heureusement, il y a aussi ceux qui applaudissent sans réserve.
Ceux qui posent mille questions.
Ceux qui rêvent avec nous.
Ceux qui nous disent :
“Faites-le, vous ne le regretterez pas.”
Ces échanges-là donnent de l’élan.
Ils rappellent pourquoi on a osé franchir le pas.
Et puis… il y a les mamies
Mention spéciale aux mamies.
Depuis l’annonce, elles sont devenues expertes en :
- bulletins météo internationaux
- actualités géopolitiques
- volcans actifs et saisons cycloniques
Parfois dans des pays qu’on n’a même pas encore envisagés.

C’est touchant.
C’est parfois un peu stressant.
Mais surtout, c’est une autre forme d’amour :
celle qui s’inquiète parce qu’elle tient.
Ce que ces réactions nous ont appris
Très vite, on a compris une chose essentielle :
ce projet ne laisse personne indifférent.
Parce qu’il touche à quelque chose de profond :
- la sécurité
- la liberté
- le rapport au temps
- le courage de sortir du cadre
Chaque réaction en dit souvent plus sur celui qui la formule que sur notre projet lui-même.
Alors, on fait quoi avec tout ça ?
On écoute.
On rassure quand c’est possible.
On accepte aussi que tout le monde ne comprenne pas.
Et surtout, on avance.
Parce qu’un tour du monde ne commence pas à l’aéroport.
Il commence bien avant.
Le jour où on ose le dire à voix haute.
Le jour où le projet sort de la tête pour entrer dans la réalité.
Et à partir de là, il n’y a plus vraiment de retour en arrière. 🌍

